LE BILLET DE METROZ
L'accusé et la grimace... -
08-12-2002
Entre la mise en accusation de Werner Kohler le président de la Ligue Suisse de hockey (LSHG) sur glace par le Tages-Anzeiger et l'aversion aujourd'hui clairement affichée des clubs contre les double-rondes de championnat les week-ends, le microcosme du hockey suisse s'est réveillé avec le mal de tête en cette première semaine de l'Avent. Certes, le rondouillard président Kohler usera de toute sa légendaire quoique déclinante roublardise pour esquiver les attaques à l'artillerie lourde de la presse alémanique et des grands clubs - Berne, Zürich, Davos en première ligne ? au sujet de prétendus coupables agissements à savoir l'encaissement d'un million de francs de commission dans le rachat du contrat d'IMG par la LSHG. Les soupçons, en souffrance de preuves, n'ont guère de crédit et les avocats règleront ça entre eux. Plus grave en revanche se révèle l'état calamiteux des comptes de fonctionnement de la ligue, comptes annoncés satisfaisants année après année dans des communiqués de presse auto-proclamés qui trouvent aujourd'hui d'embarrassants démentis dans les chiffres révélés. De cela, Werner Kohler doit aujourd'hui répondre face aux clubs de ligue nationale déjà suffisamment lestés de soucis financiers pour pouvoir ou devoir augmenter leurs cotisations à une ligue suisse souvent gérée à la petite semaine. Autre boulet encombrant et qui plus est solidement accroché aux chevilles de Werner Kohler, le contrat de six ans paraphé à la va-vite et valable jusqu'en 2006 avec l'entraîneur national Ralph Krueger. Contrat-témoin de l'admiration indéfectible, presque débordante, que voue l'hôtelier davosien au séduisant Canado-Allemand.
"Kohlergate" ou pas, le hockey suisse, en dette de crédibilité internationale et désormais à nouveau fortement concurrencé par un football national soi-disant renaissant, grimace devant ces nauséabondes odeurs de soufre...