LE BILLET DE METROZ
Lemieux ou le meilleur ? -
27-01-2006
Claude François chantait : "Une petite larme m'a trahi". Les amoureux du beau jeu n'ont sans doute pas pu retenir la leur mardi soir passé quand Mario Lemieux, la gorge serrée lui aussi, s'est vu contraint d'annoncer son retrait définitif de la compétition, quelques jours avant les Jeux Olympiques qui lui auraient offert l'occasion d'un ultime tour de piste international. Mario-le-Magnique - un surnom n'a-t-il jamais été autant mérité - fut le seul à ébrécher l'hégémonie écrasante de Wayne Gretzky pendant les vingt dernières campagnes, semant même le doute dans l'esprit des puristes autant que dans le calcul des statisticiens, tous se demandant encore lequel de Wayne ou de Mario était le plus à même de transformer la surface de glace en atelier d'artiste. Dispensable débat que de vouloir comparer les deux plus étoiles les plus brillantes de l'histoire du hockey. Souvenons-nous plutôt de leur formidable association lors de la Coupe Canada 1984 ou du légendaire passement de jambe de Mario Lemieux en finale des Jeux Olympiques de Salt Lake City sur le premier but du Canada marqué par Joe Sakic. Des images encore bien trop réductrices pour cette immense carrière, même pas épargnée ni par le cancer ni par l'adversité d'un dos récalcitrant. Mario, buteur clinique mais créatif jusqu'à la grâce, noble incarnation de la fierté hockeyistique de la Belle Province pendant plus de deux décennies, va comme Gretzky à Phoenix, s'occuper désormais de la turbide destinée de son club de Pittsburgh.
Pour aujourd'hui et quelques jours encore, il y a juste un peu moins de joie sur la planète hockey. Une petite larme m'a trahi...