LE BILLET DE METROZ
De tout pour faire un monde... -
06-10-2006
Bienvenue dans le monde abscons des entraîneurs de hockey. Rien que chez nous, il y a en a pour tous les goûts, de l’autoritarisme de John Van Boxmeer à la redoutable glossolalie de Chris McSorley, en passant par l’optimisme savamment étayé de Serge Pelletier. Il y aussi le pragmatisme d’Ivan Zanatta, forgé aux dures réalités des recoins interlopes du championnat italien, celui d’Harold Kreis, baroudeur des ligues allemandes, venu s’enquérir en terre helvétique des passe-droits et du pouvoir détenu par des joueurs helvétiques nettement moins aguerris à la concurrence étrangère que leurs congénères germaniques. N’oublions pas les silencieux, Eldebrink, les durs au mal comme Rautakallio, les humbles du genre Christian Weber, ceux sur lesquels on n’ergote d’autant moins qu’ils coachent des équipes qui leur ressemblent : discrètes, solides, efficientes, de celles qui compensent leur manque de moyens par l’opiniâtreté et la sueur. Les nostalgiques n’oublieront pas non plus Alpo Suhonen et ses méthodes bien trop hétérodoxes pour son temps.
Au-delà de leur profil et de leur succès, aucun d’eux, pourtant, n’échappe in concreto à cet incontournable et éternel dilemme : faire croire qu’ils ne songent qu’au succès du groupe alors que pour cela, il ne leur faudrait penser qu’à garder leur poste de travail…
Tout faire pour garder son poste de travail en faisant croire à tout le monde que l’essentiel est la victoire du groupe.