LE BILLET DE METROZ
Ange et gardien… -
27-10-2006
Au-delà du roman de Peter Handke, quelque chose a changé dans l’angoisse de nos gardiens de but, et pas seulement au moment du penalty. Non seulement ils ont vu leur équipement réduit de 15 % mais, nouvelle application des règles oblige, ils sont nettement moins bien protégés par des défenseurs interdits d’accrochage et de cross-check devant le but.
Finie la muraille rédhibitoire qui s’écroulait systématiquement en position « papillon » devant chaque lancer, au point de devenir un élément attentatoire au spectacle. Aujourd’hui le portier exposé à des attaquants plus libres de leurs mouvements, moins freinés en direction de la cage, doit pour faire florès, réfléchir davantage, mieux anticiper, rester debout plus longtemps, se déplacer avec plus d’agilité de gauche à droite, contrôler plus systématiquement les rebonds. Et pour diéser encore son engagement en responsabilité, on lui demande aussi de se distinguer sur les tirs de penalties qui viennent ponctuer toute prolongation indécise.
De machine à jouer les angles et à attendre que la rondelle s’en viennent frapper une partie de son équipement « bibendum », l’homme grillagé, tel un mutant, reprend visage humain. Aujourd’hui, il doit penser pour exister, réfléchir pour survivre, mûrir pour durer.
En modifiant trois clauses de règlement, les décideurs du hockey international ont fort heureusement substitué le mécanique et gourd garde-barrière engoncé dans ses protections surdimensionnées par l’ange-gardien aérien, instinctif, forcément improvisateur, un brin plus vulnérable mais tellement central dans la dramaturgie du jeu de hockey. Un homme quoi…