LE BILLET DE METROZ
Je reviendrai à Montréal… -
10-11-2006
Les Québécois ne font jamais vraiment rien comme les autres, en tout cas comme les autres francophones de ce monde. Au détour d’une petite visite à Montréal, on s’aperçoit que le glossaire chantourné de nos amis de la Belle Province colore jusqu’au pittoresque l’imagerie hockeyistique. Ainsi lorsqu’en Europe nous logeons le puck dans le filet pour marquer un goal, eux ici calicent (prononcez : caaaaalice) la rondelle au fond du net pour compter un but. Mieux même, quand à Genève on tente de procéder à un dégagement interdit, à Québec on va simplement essayer de la « lancer bin drette à l’aut’boute ».
Pour inciter son défenseur à dégager diligemment le disque hors de sa propre zone de défense, le coach de Rouyn-Noranda va lui vociférer : « Crisse-moi cette ostie (prononcez : aaaasti) de rondelle dehors (déééhors), mon tabernacle ! » Vocabulaire de bréviaire du XVIIIe siècle pour un sport-religion, l’euphémisme n’est plus doux, il est cardinal.
Enfin, comme le règlement du hockey nord-américain n’est pas émondé des bagarres à coups de poings, les amateurs goûtent tout particulièrement au spectacle de ces patineurs qui se « pognent face à face », en d’autres termes qui s’en mettent plein les mandibules.
Juste pour me délecter ad libitum de ces autres accents charpentés et mélodieux de la langue de Molière, juré craché, croix de bois, croix de fer, comme Robert Charlebois, « Je reviendrai à Montréal… »