LE BILLET DE METROZ
Pauvre petit chou… -
15-12-2006
Dans un monde où la langue de bois reste aussi incontournable que rasoir, John Van Boxmeer a lancé un joli pavé dans la mare samedi dernier lorsqu’à l’interview d’après-match il a, ab irato, blâmé publiquement son gardien de but : « Marco Bührer n’évolue pas sur un niveau digne d’un gardien d’une équipe candidate au titre ».
Qu’un coach ose briser le consensus laudatif et protecteur dont jouissent les joueurs de hockey helvétiques et voilà que le microcosme du hockey suisse frémit d’horreur devant l’abrupte vérité qui pour une fois ne sortait pas de la bouche d’un enfant. Et pourtant, il est grand temps que ce pays cesse de bichonner ses stars, parfois aussi fragiles qu’autoproclamées, au risque de les fragiliser à l’extrême et d’en faire des icônes de papier, sans consistance, dont le mental d’oiseau s’effiloche aux vents des premières frustrations internationales.
Mon homéopathe me disait un jour que pour grandir, rien de tel que quelques problèmes de santé, quelques soucis d’argent et quelques solides critiques. Alors pour nos sportifs millionnaires et pétant la forme, il ne reste plus pour progresser, que l’impitoyable examen de leurs performances par des observateurs, journalistes ou entraîneurs qui osent enfin abandonner l’option apologétique : plus de détours et de quatre chemins, chacun assume ses responsabilités et retourne apprendre ses leçons jusqu’à ce qu’elles soient impeccables et bien récitées.
Au hockey comme ailleurs, le chouchoutage n’a guère produit que des bébés. Alors pourvu que Van Boxmeer fasse des émules, et vite…