LE BILLET DE METROZ
Mamma sono qui… -
19-01-2007
Sûr on a battu un record. Pensez-donc : 30'000 courageux venus se réchauffer à la chaleur de la foule et assister à un match de hockey dans un terrain de football. Sûr que pour rien au monde on n’aurait voulu manquer un tel spectacle, histoire de dire benoîtement à nos petits-enfants : « J’y étais ». Ne manquait plus que la non moins dispensable pancarte « Mama sono qui » en direct à la télévision pour magistralement compléter la théâtralité de ce dimanche après-midi en famille au Stade de Suisse, sans oublier Grand-Papi et Grand-Mami venus tout exprès en autocar depuis Zäziwil pour voir leurs Tigres se faire dompter par les Ours bernois.
Rien à redire, tout y était. Et pourtant, ce qui est bon pour le folklore ne l’est pas forcément pour le sport. Au-delà de l’événement populaire, de l’effet de foule et de la nostalgie des patinoires naturelles, force est de constater que l’exercice visuel fut complètement raté, la majorité des spectateurs n’y ayant vu que du feu, et encore. Quant aux joueurs, ils disaient s’être sentis bien perdus, abandonnés même, si distants de leurs « aficionados » et surtout bien dépaysés hors de leurs chères arènes couvertes et résonnantes à l’envi. La conclusion pour démontrer ab absurdo la relative vanité de l’exercice, on la laissera à ce cochon de payant qui avouait avoir grandement apprécié le spectacle mais se réjouissait de vite rentrer chez lui pour enfin voir à la télévision ce qui s’était vraiment passé sur la glace du Stade de Suisse en ce dimanche après-midi si historique…