LE BILLET DE METROZ
L’homme qui a vu l’ours… blanc -
19-10-2007
Le départ de Jukka Hentunen de Lugano à Ark Bars Kazan éclaire a giorno le processus de spoliation, lent mais irréversible, de notre hockey suisse par les nouveaux riches du hockey mondial. L’OPA des Ours Blancs de Kazan, cette capitale du Tatarstan où vous ne pouvez creuser un trou dans votre jardin sans qu’en jaillisse un providentiel jet de pétrole ou un sifflement de gaz naturel, sur l’un des meilleurs joueurs étrangers de notre championnat n’est que la suite logique d’un processus engagé il y a 3 ans déjà. Cela lorsque la NHL a modifié ses réglements de jeu pour rapatrier sur ses glaces tous les joueurs offensifs, rapides et techniquement dotés, autrefois destinés aux seuls marchés européens. Deuxième couche, l’émergence du marché russe où les nababs de la grande industrie disputent à coup de millions de billets verts l’hégémonie du hockey aux richissimes ex-républiques soviétiques.
Sans compter les équipes suédoises et leur nouvelle convention TV chiffrée en million d’euros par équipe, qui avec leurs contrats de joueur sur six mois évitent l’impôt sur le revenu et viennent aussi se servir désormais dans le jardin des formations helvétiques.
Au milieu de tout cela, la Suisse, également concurrencée par l’Allemagne et ses stades pharaoniques, n’a guère plus qu’à vanter sa qualité de vie, son air pur, ses jolies montagnes et ses tout petits déplacements en car pour attirer les joueurs-étoiles du circuit mondial. Bonne chance…