LE BILLET DE METROZ
Le hockey : un jeu de gardiens seulement ? -
25-10-2002
Le hockey serait-il devenu un jeu de gardiens de but ? Invariablement, les critiques comme les entraîneurs ressassent la même formule, lancinante de vérité, lors des commentaires d'après-match : "Notre gardien nous a sauvé dans les moments difficiles... Sans notre gardien, la victoire aurait été impossible...". Dans le registre inverse, la performance du portier est souvent sous le feu de l'artillerie médiatique lorsqu'elle n'est pas à la hauteur de l'attente du coach, du public, des coéquipiers, bref de tous...
La progression technique et physique du jeu de hockey moderne a placé le dernier rempart grillagé au centre du débat et a fait de lui le décideur principal et responsable de chaque confrontation. Aucune équipe, même la plus faible du championnat, ne passe soixante minutes sans se créer une demi-douzaine de bonnes chances de compter un but. A cet exercice, même les cadors du championnat ne peuvent se hasarder à aligner un second couteau devant leur filet, au risque de perdre tout ou presque de leur prétendue suprématie. Sulander, Huet ou Weibel ont été les artisans majeurs des derniers titres du ZSC, de Lugano ou de Davos, tout comme Tosio et Pavoni avaient "trusté" les titres des années 90 pour le compte respectivement de Berne et de Kloten, à une époque où il n'était pas encore trop "fashion" d'engager des mercenaires à la grosse mitaine. Outre-Atlantique également, les équipes gagnantes se construisent avant tout autour de la classe de Patrick Roy à l'Avalanche de Colorado, de Martin Brodeur aux Devils du New Jersey ou encore de Dominik Hasek la saison dernière aux Red Wings de Detroit. C'est devenu une réalité incontournable et les soucis à répétition sont à la porte de ceux qui persistent à ne pas vouloir comprendre...