LE BILLET DE METROZ
Ralph Krueger et... Le retour à la case départ ! -
17-02-2002
Depuis quatre ans, la Suisse doit être le seul pays où l’on parle davantage de l’entraîneur national que de ses joueurs. A force de jouer inlassablement la carte de la séduction auprès des médias helvétiques, Ralph Krueger s’est ainsi mis depuis quatre ans dans une position extrêmement délicate. Au point que lorsque l’on accepte d’être le récipiendaire privilégié des éloges médiatiques, il faut s’attendre au brusque retour de manivelle en cas d’échec.
Cette semaine, la moyenne performance de la Suisse aux J.O. a mis en lumière l’exposition exagérée de Ralph Krueger par rapport à ses joueurs, lesquels se réfugient rapidement dans l’analyse d’un système de jeu inapproprié ou encore de mauvais choix dans la sélection de départ pour expliquer la déconvenue du collectif. Cette malicieuse mise en évidence du coach national voulue par une fédération extrêmement admirative des qualités de son mentor (en passant, merci Mr. Werner Kohler pour le contrat de… 6 ans signé en 1998) fragilise sans aucun doute l’équilibre de la "Nati" dont le chef est petit à petit devenu plus important que les soldats. Résultat sans surprise: au terme de cette semaine décevante, la meute journalistique suisse a commencé à égratigner l’image autrefois lisse et impeccable du Canado-Allemand. Au point que l’opinion publique et et les médias alémaniques tendent à se repositionner contre Ralph Krueger lui reprochant notamment son incapacité à gérer sa relation avec Reto von Arx et Marcel Jenni, comme s’il était responsable de leurs frasques nocturnes. Alliés aux piètres performances sportives d’une équipe que l’on a indubitablement surévaluée sur la scène internationale depuis quatre ans, ces épisodes de soûlerie auront donc fini d’ébrécher l’image de notre pays qui en une semaine reprend peu glorieusement place dans le gros cortège des viennent-ensuite du hockey mondial.